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[Créations diverses] La Galerie de Queenie

Merci beaucoup Sucré !

Je reviens aujourd'hui... Avec de l'écriture ! C'est encore une histoire différente, mais je suis sûre qu'elle peut vous plaire. Il s'agit de ma toute première histoire, celle avec laquelle j'ai commencé l'écriture... J'en ai écrit des dizaines de versions différentes, mais je ne dépassse jamais les premiers chapitres : très souvent, je suis trop critique envers moi même ou je ne trouve pas les bons mots. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, j'ai été très inspirée et je pense tenir quelque chose. J'ai posé l'introduction alors c'est déjà ça !

Vos retours sont très importants, positifs ou négatifs.
Bonne lecture ! 

Spoiler :

Chapitre 1
La nuit était en train de tomber. Ça faisait bien longtemps que le soleil a disparu derrière l'horizon, mais ses dernières lueurs coloraient encore le ciel d'un rose vaporeux s'effaçant doucement minute après minute. La fin du couché de soleil est vite remplacé par un bleu nuit qui couvre la côte, et bientôt, le reflet de la lune brille dans les eaux tranquilles de la mer qui s'étend en face du public.
C'est une soirée très douce. Il n'a pas plu depuis près de deux semaines, et même en été, c'est rare pour une ville bretonne. Très vite, la digue de Trestraou se retrouva envahie par la foule. En balayant son regard sur l'attroupement, Alea reconnu une poignée de locaux, des habitants du bourg habitués au spectacle et quelques ados de son lycée. Mais la personne qu'elle cherchait ne donnait aucun signe de vie, même après trois appels en une heure.

– On peut rien faire pour lui, grogne le garçon près d'Alea.
– Il serait capable d'arriver en retard au bac.
– C'est tout à fait son genre.

Ça fait des semaines que la jeune femme pense nerveusement à cette soirée. Ses parents la croyaient angoissée par son oral du bac – de français, datant de la semaine précédente – mais la réalité était tout autre. Les feux d'artifices étaient une tradition pour elle, un moment symbolique. Même si Briac, lui, ne semblait pas très pressé.

– Tu sais quand Mika rentre ? Demanda Jonathan, qui s'affaissait non-nonchalamment sur le dossier du banc.
– Demain ou après-demain. Combien de temps entre Chambery et Perros-Guirec ? Répondit Alea de sa voix claire, presque enfantine.
– Aucune idée. Enfin, c'est certain qu'il arrivera avant Briac. Ça va commencer d'une minute à l'autre.

Mikaël Troadec, le « colosse » de la bande, était parti dans le sud-est de la France le soir même de l'épreuve orale de première. Il avait laissé un message sur leur groupe Messenger, expliquant que sa tante était décédée dans un accident de voiture. C'était son mari ivre et violent qui conduisait, et elle avait été la seule victime d'une injustice dégoûtante.
Mika n'était pas très doué avec les mots et ses fautes d'orthographes piquaient les yeux d'Alea, mais il avait écrit un pavé de louanges à l'adresse de sa tante. C'était, parait-il, une femme exceptionnelle et pédagogue avec les enfants de sa classe. Elle était sa « personne familiale préférée ».
Quelques jours après le départ de Mika, un autre de leur ami, Adam, avait passé un coup de fil à la mère de ce dernier. C'est ainsi qu'on apprit la vraie cause de la mort de Nina Troadec : un suicide, lié à son alcoolisme et à sa solitude. La mère de Mika parlait de sa belle-soeur avec dédain et quand Jonathan alla consulter le Facebook public de feu-Nina, il constata qu'elle était célibataire et n'était même pas amie avec son neveu. Neveu qui vantait ses qualités quelques jours auparavant.
C'était tout le temps comme ça avec Mikaël. Tout le monde connaissait sa tendance à affabuler, à enjoliver sa propre réalité. Mais ses amis pardonnaient ses mensonges et l'écoutaient déblatérer ses histoires improbables : dans un sens, ça les amusaient un peu. Tout le monde aime les histoires, et celles de Mikaël rajoutaient un peu de piment aux longues soirées d'ennui mortel passées à discuter dans le fameux groupe de tout... et surtout de rien.

Les lumières de la station balnéaire s'éteignirent et l'obscurité soudaine provoqua une vague de « Ohhh ! » et de « Ahhh ! » dans le public qui trépignait d'impatience face au feu d'artifice du 14 juillet. Alea avait perdu tout espoir de voir Briac ce soir. Mika loin de Bretagne, Adam alité et Briac on-ne-sait-où... Alea cacha sa déception pour ne pas énerver Jonathan qui était venu à sa demande.

– Excusez-moi, dît une très vieille dame avançant près d'eux avec sa canne. Ça vous ennuierait de me laisser le banc, mes petits ?
Elle parlait d'une voix faible et tremblante, aussi tremblante que ses mains qui lui donnait l'air de sortir du Grand Nord. Où Saint-Malo, pensa Alea. Machinalement, les deux ados se levèrent pour se diriger vers une parcelle de gazon, près de l'office du tourisme. Pas mal de jeunes s'entassaient là avec pétards et cannettes de bière. Ils auraient préféré rester sur le banc, mais d'ici, la vue était toujours convenable. Ils s'assirent au sol. Alea venait pour le spectacle, après tout.

Jon est silencieux. Les deux amis ont toujours eu ce lien si particulier. Entre deux, inutile de parler pour se comprendre. En un regard, Alea sait que Jonathan est mal à l'aise, entouré d'adolescents bruyants et oisifs, et Jonathan sait qu'Alea aurait aimé passer la soirée avec tous ses amis.
Quelqu'un effleure son bras au moment même où le premier feu est tiré dans le ciel.

C'est malin. Alea ne voulait rien rater du spectacle, mais tout son attention alla vers Briac. Le cœur d'Alea manque un battement. Ses cheveux lui tombaient sur les yeux et il portait un vieux T-shirt délavé, comme s'il venait seulement de se réveiller. Il afficha un sourire mi-moqueur, mi-gêné. Visiblement, lui non plus n'était pas à l'aise avec les autres lycéens autour d'eux. Alea décida de lui donner un coup de l'épaule, sa punition pour être arrivé trop tard. En un rien de temps, son ami s'allonge près d'elle, prenant appuie sur ses coudes, ses longues jambes étendues dans l'herbe. Elle décide de rester assise en tailleur.

Alea n'avait pas encore fait attention au silence qui régnait autour d'eux depuis le début du spectacle. Alors son regard se porta de nouveau vers le feu d'artifice.

Quand elle était plus jeune, elle venait ici avec ses parents, son grand frère Gaetan et sa petite sœur, Lucile. À l'époque, Alea n'avait pas encore attrapé – ou, du moins, ne ressentait pas encore – l'effet du syndrome de l'enfant du milieu. La jeune fille commentait chaque couleur, chaque intensité, chaque effet des jeux de lumières. Cela fatiguait ses parents, notamment son père qui n'aimait pas les bruits assourdissants des feux et qui n'avait pas envie d'entendre sa fille brailler toutes les cinq secondes. Depuis le collège, elle y allait avec des filles de son école. Elle avait tout simplement boudé les festivités l'année précédente (suite à une dispute violente avec sa mère), mais le fait d'y assister l'année de son dix-septième anniversaire, en compagnie de son meilleur ami et de Briac, c'était bien plus électrisant. Plus symbolique, plus mémorable.

Le son est en décalage avec l'image.
La pluie violette forme une rose. La bleue, un orage.
Je préfère les poussières dorées, celles qui éclatent et qui s'étendent et forment des branches d'arbre. Un grand arbre dont l'empreinte demeure dans le ciel.
Et la lumière.
Celle qui semblent fondre sur nous. Les feux.

– C'est beau, murmure Briac.
Ceux qui disparaissent dans l'océan.

Le cœur d'Alea refusait de battre correctement, ce soir. Sa tête était emplie de son et de tension.
Ce feu d'artifice lui appartient, à elle. Elle savait que tous les français faisaient la même chose qu'elle en ce moment précis. Tous avaient le visage levé vers le ciel pour célébrer la fête nationale, des dizaines de millions de personnes figées dans le temps pour un centre d'intérêt commun, une pensée commune. C'est beau.
Elea était la seule a comprendre ces choses là, elle en était certaine.

La seule qui pouvait s'imaginer flotter au dessus de soixante-six millions de personnes, comme une sorte de Dieu de lumière. C'était un moment très fort, et ses émotions tourbillonnait en elle jusqu'à lui donner les larmes aux yeux. Car c'était difficile de contenir toutes ses choses en elle-même. Une symphonie se jouait dans son cœur pendant que son monde entier était en apothéose. Elle n'avait pas besoin de prendre de drogue pour en ressentir les effets : elle était défoncée de grandeur, celle des deux feux d'artifices, celui qu'elle regardait attentivement et celui qui vivait en elle.

La drogue... Autour d'elle, ça sentait l'herbe, et ce simple constat suffit à la ramener dans le monde réel. Les garçons derrière elle riaient à gorge déployée et Alea ravala ses larmes.
Comme si elle venait de se réveiller d'un profond sommeil, elle commençait à ressentir de nouveau la vie autour d'elle. La caresse des boucles de Briac sur son bras et celle de sa main, qui était venue délicatement se poser sur la cuisse de la jeune femme.

Le final arriva plus vite que prévu, ce qui déçu un peu le groupe d'amis. Alea n'était plus hypnotisée, elle était de nouveau consciente des choses du quotidien. Elle n'arrivait plus à se concentrer sur le spectacle, pensant à des dizaines de choses à la fois. Sa note de bac. Les premiers pas de sa nièce. La tante de Mika. L'entrée en terminale scientifique dans son lycée de Lannion. La main de Briac délibérément posée sur sa cuisse. L'odeur du shit qui lui piquait le nez. Le malaise qu'elle ressentait à cause des personnes autour d'elle. Sa vulnérabilité et sa faiblesse. Son masque de plongée cassé. La main de Briac délibérément posée sur sa cuisse. Sa cuisse, la sienne !

Tonnerre d'applaudissement sur la station balnéaire de Trestraou. Le dernier feu s'est évanouie, le spectacle est fini, les lumières des lampadaires allumées de nouveau. La main de Briac est fourrée dans sa poche.
En un rien de temps, le public était déjà en route, soit vers le parking, soit vers les rues remontant vers le bourg de Perros-Guirec. Les festivités déjà terminées, chacun repartait vers son propre train-train quotidien, les gens pouvaient se reconcentrer sur leurs propres problèmes.

Jon et Briac se saluèrent et discutèrent un peu du bac, mais Alea n'était pas concentrée sur leur discussion. Un des garçons qui fumait, blond, avec du gel dans les cheveux et des cernes à faire peur, se tenait juste derrière eux. Les yeux rivés sur Briac.

– Je crois qu'il veut te parler, indiqua Alea, un peu intimidée.
– Qui ça, Allie ? Ahhh ! Jordan ! Dit Briac en se relevant. Ça va, mec ?
– ça va, répondit le dénommé Jordan en claquant sa main dans celle de Briac. Alors, pourquoi on t'a pas vu au stade tout à l'heure ?
– Je devais aider ma mère au café. C'était pas prévu, mais elle a menacé de me couper les vivres, alors..
– Je comprend. Tiens, salut, Jonathan. je t'avais pas vu.

Alea aurait très bien pu de pas être là. Elle assistait à la scène comme si elle était un fantôme qui flottait autour de ses amis. Comme si elle n'existait pas, les trois garçons discutaient ensemble. Elle décida de se lever à son tour : ce Jordan allait bien être obligé de la regarder, après tout. Mais à peine debout...

– Je dois y aller, dit-il, soudain mal à l'aise.

Puis il se pencha vers l'oreille de Briac, souffla quelque chose et éclata de rire. Jordan se dirigeait de nouveau vers ses potes, répéta ce qu'il venait de dire et les rires résonnèrent dans les tempes d'Alea, plus fort encore qu'un feu d'artifice. Elle voulait partir vite de cet endroit nocif. Elle avait beau se répéter que ce n'était sûrement rien, une voix dans sa tête lui disait de déguerpir, que ces vautours devaient être en train de se moquer d'elle, comme d'habitude. Alea ne connaissait pas Jordan, mais les filles qui se pavanaient derrière lui avaient été ses amies au collège. Et Alea n'était pas sans savoir que désormais, elle était détestée par cette petite bande. Qui en cachait des milliers d'autres, sûrement.

– On y va ? Proposa Jonathan, aussi gêné qu'Alea.
– Yep, répondit Briac.

Il n’accorda aucun regard à la fille dont il avait touché la cuisse, quelques minutes auparavant.
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Quand ils furent éloignés de la foule, les trois amis recommencèrent à discuter. C'était plus calme et la nuit était douce. Briac adorait les balades nocturnes et il les aimait encore plus quand c'était avec Alea. Mais ça, il ne le disait pas, surtout quand une tierce personne était présente.
Les Outsiders, c'était le nom de la bande qu'il formait avec Jonathan, Adam, Alea et Mika. Ils ne se connaissaient que depuis un an et demi, et pourtant, ils étaient déjà ses meilleurs amis. Ce n'était pas des grandes amitiés où l'on voyageait ensemble, où on organisait des grandes sorties au bowling ou au cinéma, pas de celles qu'on affiche sur Instagram avec le hashtag #bestfriendever.
Les Outsiders étaient différents des autres amis de Briac. Plus simples, moins dans la représentation permanente. Pourtant, l'étiquette qu'il portait était pesante, parfois. Car le groupe portait bien son nom : au lycée, ses amis n'avaient pas la cote, surtout Alea. Certains moments, Briac avait honte de traîner avec eux, un peu comme quand Jordan était venu lui parler, une demi-heure avant. Idiot et égoïste, pensait-il. Mais le problème de Briac, il demeurait le même depuis son enfance : il s'agissait de trouver sa place, sa personnalité, d'être cohérent avec soit-même. Depuis quelque temps, l'adolescent avait l'impression de n'être... personne.

– Qu'est-ce que tu en dis, Briac ? Lui demanda Alea de sa voix fluette. Ça te dit de venir à Trestrignel samedi prochain ?
– Je vais en parler à ma mère. Mika sera rentré ?
– On sait pas.

Briac se rend soudain compte qu'il ne sait pas quoi faire de ses mains. Il avait l'impression de passer pour un idiot, à balancer ses bras d'avant en arrière en marchant dans les rues de la ville. Alors, il les fourrent dans ses poches. Alea recommenca à parler, mais personne ne se concentrait sur ses mots, et elle le savait – parler pour ne rien dire, les Outsiders pratiquent cet art avec ferveur quand il s'agit de combler un vide.

Jonathan vivait au bourg, Alea et Briac au port. Arrivés dans la rue du premier, les trois amis se dirent au revoir.

– Bon, je te raccompagne, a dit Briac en se tournant vers son amie aux boucles blondes.
– Tu me raccompagnes forcément puisque tu passes dans ma rue pour rentrer chez toi.
– Pas faux.

Les deux adolescents descendent silencieusement la côte. Alea trouvait ce silence un peu surprenant. Elle était habituée aux sorties avec le groupe complet. Les anecdotes de Mika et les théories martiennes d'Adam lui manquaient un peu, c'est comme si une partie d'elle même lui avait été arraché.
Mais elle était seule avec Briac.. C'était rare. Sa gêne s'était envolée.

De toute façon, ils connaissaient tous deux la nature des sentiments qui les liaient : elle n'avait pas à en avoir honte.
Briac se sentait rougir.
La main d'Alea vint chercher la sienne. La retirer de sa poche. Glisser ses doigts dans les siens.
C'est minuscule, comme geste, mais c'est magique.
La descente vers le port se passe comme un rêve éveillé. Briac se sentait aussi bien que si il était dans son lit, entre deux gros oreillers, à se reposer dans le confort de ses draps. C'est vrai qu'il se sentait un peu idiot à penser à ce genre de choses...
Arrivés devant la maison en pierre d'Alea, les deux adolescents s'arrêtèrent. Elle adossée contre la façade, lui en face d'elle. Ils avaient envie de se dire quelque chose, chacun de leur côté, mais les mots ne venaient pas. Briac ne savait pas meubler comme Alea et Alea n'avait pas envie de meubler avec des choses inutiles devant Briac. Finalement, il n'y avait rien à dire..

Les lèvres de Briac vinrent caresser celle d'Alea.
C'est tout.
Une simple caresse.

– à Samedi, alors.
– à Samedi.

Quand Alea franchit le seuil de sa porte, elle ne prêta pas attention au sermont de sa mère qui lui reprochait d'être rentrée tard. Tout ce qui comptait, c'était le feu d'artifice dans son cœur et les papillons dans son ventre.