[Clos] Le défi de Vanille

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Rappel du premier message :

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Bienvenue dans le défi de Vanille !
Au 1er de chaque mois, vous retrouverez Vanille ici-même, qui vous présentera un nouveau défi différent. Vous pourrez participer à ce défi jusqu'au 25 de chaque mois. Un vote sera ensuite lancé pour déterminer le -ou les- vainqueur.
Les vainqueurs de chaque défi se verront mis à l'honneur, soit dans la gazette, soit sur le portail du forum, alors n'hésitez pas à participer. Les points attribués pour accéder au podium sont aussi mis à jour.  Une participation à un défi vaut toujours 1 point, mais une victoire à un défi vaut à présent 3 points.

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Dernière édition par Isisaur le Dim 1 Mar - 9:58, édité 13 fois

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J'ai hésité entre Havane et Linette mais j'avoue ne pas trop aimer les petites créatures dans la participation de cette dernière du coup mon vote va pour la mystérieuses image d'Havane. Smile

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Je suis géniale et Moshine est mon esclave :

[Clos] Le défi de Vanille - Page 15 704960leharema [Clos] Le défi de Vanille - Page 15 334523autographe[Clos] Le défi de Vanille - Page 15 642025lesawrads

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Coup de foudre pour l'image de Kissylucky.

Je suis brève, chapeau.

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J'hésite entre Havane et Linette, dur, dur ! Je dirais plutôt havane pour le côté romantique mélancolique.

Mais bravo à toutes, vos images sont très jolies et surtout recherchées et travaillées.

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J'ai voté pour Linette, j'ai beaucoup aimé ton image !
Bravo à tout le monde en tout cas, vous avez fait de belles images !

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Vous avez jusqu'à demain soir, n'oubliez pas de voter Wink.

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J'ai voté pour Elodie... car j'ai eu le coup de foudre pour sa création. émue
J'ai l'impression de me retrouver dans un tableau tellement il y a une ambiance sereine et profonde dans l'image.

Bravo aux autres participants. Smile

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Le défi est clos ! Bravo à Havane qui le remporte !

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Alors, les amis, vous n'avez pas fait trop d'excès pendant ces fêtes ? Vous avez trouvé votre bonne résolution ? Non ? Et bien, ce n'est pas grave parce que le défi de ce mois-ci n'a que faire des bonnes résolutions. Et heureusement, parce que Joseph n'a pas encore décidé entre arrêter de draguer à tout bout de champ et stopper ses pitreries pas très professionnelles. Enfin, là n'est pas le problème, je suis sûre que vous vous fichez des états d'âme de notre Mister...
Non, non, non, on ne va pas faire dans le traditionnel, en janvier. On va innover. Déjà, il vous faut savoir que je vous ai concocté un défi 100% écriture.
Mais qu'allez-vous bien pouvoir écrire ? Sur quel thème ? Quelle longueur ? Et je vous réponds : tout comme vous voulez, mes chéris, à partir du moment où c'est une histoire (ben oui, on ne va pas vous demander un essai philosophique ou une recette de cuisine). La seule contrainte, c'est la fin...
Le début et le milieu, les péripéties sont de votre seul fait. mais vous devez finir votre histoire par cette phrase impérativement : "Et c'est ainsi que Petite Berthe devint grande." Voilà, à vos plumes, à vos claviers et voyons ce que vous pourrez faire de cette Berthe.
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  • Vous êtes libre pour le thème et la longueur de votre histoire.
  • Votre histoire se terminera forcément pas cette phrase :  "Et c'est ainsi que Petite Berthe devint grande."
  • Vous pourrez changer et améliorer votre participation le nombre de fois nécessaire et ce, jusqu'à la date butoir.
  • Vous avez jusqu'au 25 Janvier, 19h pour poster votre participation dans le sujet.
  • Un vote sera lancé dès le 25 Janvier pour déterminer le vainqueur.
  • Le gagnant verra sa participation mise à l'honneur dans la gazette.

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Marky :

Berthe était toute petite, bien plus petite que toutes les autres filles et garçons de son village et elle avait des cheveux d'or. Ils brillaient tant qu'elle avait depuis l'âge de ses deux ans, une capuche, pour les cacher du monde entier. Sa mère lui avait dit de jamais, jamais ne la quitter. Cette lueur se rapprochait grandement à celle du soleil et lumineuse était Berthe. Tous les garçons de Paume en bois n'avaient d'yeux que pour elle. Mais Petite Berthe, comme on l’appelait communément n'en avait que faire des poésies amoureuses et autres bêtises qu'ils l'obligeait à écouter chaque jour, selon le vœux de ses parents. Ils ovulaient à tout prix la marier vite et à quelqu'un de bien. Par exemple, sa mère, une belle et élégante femme voulait la marier avec le fils de la voisine, une très bonne amie. Mais si c'était celui de leur boulanger, elle était tout autant heureuse, comme le petit Wulfric qui courait toujours autour de la maison et qu'elle accueillait souvent à la maison pour prendre le thé.

Non, Petite Berthe n'en avait que faire de tout ces jeunes hommes qui tournaient autour d'elle à cause de ses cheveux si précieux. Son rêve à elle, était de visiter le royaume de Sègre, de rencontrer le roi, d'aller dans tous les villages et de devenir grande Berthe. Une femme respectée et puissante. Mais depuis que son père l'avait emmenée dans la ville à côté pour vendre ses fruits et légumes et qu'elle eut croiser cette fille au regard si prenant, elle n'en avait que faire de tout ses plans... Cette rencontre si importune l'avait chamboulée, comme l'amour chamboule une vie. Elle ne s'était pas étonné de tomber amoureuse d'une autre fille, puisque l'amour qu'elle pouvait donner n'avait aucune limite. Maintenant, Berthe restait la plupart du temps seule, confinée au fond de son lit, pensant ne jamais la retrouvée. Elle l'avait remarquée alors qu'elle se tenait adossée à l'une des maisons entourant la place principale. Juste à côté d'elle, de belles fleures dont Berthe ne connaissait pas le nom, mais elles étaient aussi bleu que les yeux de cette inconnue, c'est tout ce dont elle se rappelait. Quand elle croisa ces yeux aux perles bleues, elle ne put décrocher son regard de cette merveille, jusqu'à ce que son père la traîne vendre ses légumes. Elle essaya par la suite de retrouver à travers la foule les cheveux aux boucles brunâtres, mais, malheureusement, elle ne les trouva point.

C'est ainsi que quelques semaines plus tard, un jour où il neigeait, un jour où Wulfric lui avait présentée une des bagues de sa mère, lui demandant de l'épouser, un jour où elle était toujours sans vie, la couette qu'elle portait ne montrant que son visage, un jour où son père lui proposa pour une seconde fois d'aller au marché, afin de l'aider, une lueur d'espoir se lut sur son visage après des semaines d'absences. Elle accepta pleine de joie, se leva de son lit, alla chercher ses plus beaux habits, laissa quelques mèches dépasser de sa capuche et mit ses plus beaux souliers. Son père la regardait s'activer de tous les côtés ne comprenant pas sa bonne humeur, mais ainsi soit. Quand ils furent arriver à la grande place, Berthe descendit en trombe du chariot et au lieu de se rendre au marché elle s'assit sur le neige, juste à côté des jolies fleurs bleues de l'autre fois. Puis elle attendit l'arrivée de la belle inconnue avec une impatience qu'elle peinait à dissimuler.

Une heure. Deux heures. Elle attendait, le nez rouge, la neige tombant sur ses habits en laine . Puis, alors qu'elle essayait de se réchauffer les mains avec son souffle chaud, une silhouette se dressa devant elle. Une élégante jeune femme, charismatique et aux courbes avantageuses la regardait comme si elle était une espèce venue d'un être monde. Elle lui souriait et ses yeux bleues ne trompait pas Petite Berthe. C'était bien elle. Après s'être redressée et avoir échangé un regard très brièvement, l'inconnue lui montra du doigt une ruelle juste derrière l'église et commença à courir dans cette direction. Avec ses petites jambes, la fille aux cheveux d'or avait du mal à suivre le rythme, mais une fois arrivée à destination, sa belle ralentit le pas et marcha calmement. Une fois arriver à sa hauteur, elle lui parla :

« Je m'appelle Martha. lui dit-elle d'un ton las.
-Et moi c'est Ber...
-Je sais qui tu es. Tu es la fille aux cheveux d'ors. Tout le monde te connais. Je voulais te rencontrer depuis si longtemps. finit-elle rapidement.»

Elle se tourna vers Berthe, l'observa avec attention puis hocha la tête. Alors qu'elles s'engageaient dans un petit bois, Martha mit une de ses mains sur le ventre de petite Berthe et la colla alors contre un arbre. Son souffle était si proche du sien. La fille connue de tous n'avait qu'une seule envie : franchir les quelques derniers centimètres qui la séparait de la bouche de son interlocutrice et pouvoir enfin ressentir la plus belle chose sur terre. L'amour. Mais la scène ne se déroula point de cette manière, loin de là. Martha devint plus brusque et lui empoigna la gorge, en la regardant, ses yeux pétillants de cruauté.

« Tu es l'être le plus répugnants que je n'ai jamais connue Petite Berthe. Tu es une honte pour ton village, pour le royaume. Tu n'es personne et tu ne mérites donc pas la vie. Quelqu'un comme toi devrait seulement se retrouver brûler. Depuis qu'il ta vue, il n'a fait que te regarder et parler de ta beauté. Tu me la volé ! »

Berthe ne comprenait rien et perdait peu à peu son souffle. Elle sentait la mort arriver à grand pas et se préparait déjà à regarder ses parents du haut du ciel, quand, un étrange phénomène se passa. Sa capuche, jusqu'alors tout à faire ordinaire, se décrocha du manteau gris et tomba sur la neige, tandis qu'au même instant, les cheveux de Berthe se déchaînaient et se dressa par dessus sa tête. Martha lâcha le cou de sa cible, terrifiée, mais elle n'eut pas le temps de partir. Des mèches s'enroulaient autour de son bras et fut prisonnier, puis elle cria de douleur. Quand Berthe repris ses esprits et remit sa capuche sur ses cheveux, les emprisonnant ainsi, elle remarqua une marque rouge sur le bras de Martha : sa peau était totalement brûlée, à cause des cheveux de feu. Elle regardait Berthe, terrifiée avant de crier le plus fort qu'elle pouvait tout en courant de tous les côtés. Mais la fille aux cheveux d'or ne bougeait pas. Elle souriait.

Grâce à cette petite histoire qui venait d'arriver, elle avait découvert qu'elle avait un pouvoir très puissant, qui lui permettait de la protéger en toute circonstance. Sa mère le savait. Quand elle lui fit cette petite capuche, elle le savait, évidemment. Elle savait que sa fille n'était pas ordinaire et qu'elle détenait en elle cette force cachée. Maintenant qu'elle savait cela, Berthe pouvait devenir influente et surtout, elle ne courrait aucun danger. Elle pouvait partir de son petit village avec ses parents et visiter le royaume entier, demandant des écus d'or pour survivre aux villageois, qui seront bien entendus admiratif devant tant de beauté et de pouvoir. Beaucoup de choses l'attendait, c'était certain. Et c'est ainsi que Petite Berthe devint grande.

Linette5 :

Petite Berthe était née au début du mois de mai quelques minutes après ses 2 frères.
Maman les avait toujours couvés tous les trois de tout son amour, les soignant, les nourrissant avec patience et délicatesse pendant que papa, grâce à un dur labeur, ramenait de quoi nourrir ses petits oisillons.

Pour Petite Berthe, les journées étaient douces en ce printemps. Dès les premiers rayons, le soleil la réchauffait et l'obligeait à ouvrir les yeux.
Alors, commençait une journée, qui ressemblait à toutes les autres : repas, toilette, apprentissage de la vie, puis jeux divers, éclaboussures, sauts dans les flaques et acrobaties aériennes, promenades, bien en file entre maman et papa.
 Quand la nuit tombait, Petite Berthe et ses frères regagnaient le nid d'amour de leurs parents et bien calfeutrés, sous un chaud duvet, ils s'endormaient sous le regard attentif des deux adultes qui veillaient au grain.

Mais Petite Berthe avait envie d'autre chose. Souvent, elle faussait compagnie à sa famille pour partir en exploration autour de leur territoire. Mais qu'y avait-il donc derrière ces grands sapins ? Tiens, quel animal pousse ce cri étrange que j'entends ? Oh, le bel oiseau ! Quelles grandes ailes il a, quel grand bec ! Rho, un petit ver de terre qui gigote… Hmmm, une pelouse bien verte et parfumée…
Il y avait tant de choses à voir, tant de choses à découvrir ! Maman et papa s'en faisaient trop. Jamais ils ne voulaient la laisser seule. Il fallait toujours rester groupé, toujours. Papa disait que le monde est cruel, maman parlait de sécurité…

Mais l'herbe est toujours plus verte ailleurs et Petite Berthe voulait le découvrir par elle-même. Alors, elle se faufilait parmi les hautes herbes et les roseaux et pendant quelques précieuses minutes, juste avant que Maman ne remarque son absence, elle jouissait d'une précieuse indépendance.

La vie se déroulait, nonchalamment, sous le chaud soleil d'été. Tout était joie et confort pour Petite Berthe.

Mais un jour, Papa décida que demain, il faudrait partir.

Les frères de Petite Berthe en furent tout affolés. Ils aimaient tellement leur petit coin de pays. Ils y avaient leurs petites habitudes, leurs petits rituels de vie. Ils n'avaient pas envie d'en savoir plus, d'en connaitre plus.

Au contraire, Petite Berthe fut enchantée. Elle qui rêvait de connaitre ce qu'il y avait derrière la ligne d'horizon…
C'est ainsi que le lendemain dès l'aube, la petite famille se réveilla et entama le grand voyage.

Papa, le plus fort, était devant. Puis venaient les frères de Petite Berthe et enfin, Maman accompagnée de Petite Berthe. Tout le monde était bien en formation, sans rien qui dépasse.

Le voyage commençait bien. Le soleil était toujours présent, bien qu'un peu moins chaud que d'habitude. Les arbres avaient pris des couleurs de feu et les paysages étaient grandioses.

Mais très vite Petite Berthe commença à s'ennuyer. Alors, elle dériva, sortit du rang, se laissa porter par les courants, fit quelques acrobaties… Mais Maman la ramena dans le droit chemin, la rabrouant un peu, la forçant à réintégrer le rang. Petite Berthe s'en accommoda un moment, mais bien vite, l'ennui et l'envie la faisaient replonger entre les nuages. Alors, Maman, toujours patiente, toujours tellement maternelle, repartait chercher Petite Berthe et une fois encore, sans relâche, la ramenait à la suite de Papa.

Après bien des heures de voyage, Papa décida qu'ils feraient escale sur le bord de ce grand lac qu'ils apercevaient déjà au loin. Le soleil se couchait, la brume et le froid de la nuit commençaient à monter. Tous étaient fatigués. Il était bien temps de s'arrêter…

Alors, la petite famille accosta sur le bord du lac, dans un petit endroit discret, pour se mettre à l'abri de tous les dangers. Et après un repas somme toute assez frugal, se prépara pour la nuit et s'endormit comme un seul homme.

Le lendemain matin, alors que l'aube commençait à blanchir la région et que le silence de la nuit s'éteignait doucement, Petite Berthe se réveilla. En jetant un regard autour d'elle, elle admira ce magnifique et immense lac, bordé de grandes futaies. Et plus près d'elle… ses parents et ses frères qui dormaient encore.

Curieuse comme toujours, elle décida alors de partir seule en direction des arbres, dans l'espoir d'explorer plus avant cette région inconnue.

En arrivant sur la berge, elle fut bien étonnée en se retrouvant au pied des grands arbres ! Qu'ils étaient hauts ! Et puis, derrière eux, une petite clairière avec une herbe bien verte et toute douce. Des murmures, des craquements, mille et uns bruits de la nature alentour. Petite Berthe avançait en s'émerveillant à chaque pas.
Elle s'approchait des plus petits insectes, envisageait le champignon qui pousse sur le tronc, fouillait sous la mousse, plissait les yeux lorsqu'un rayon de soleil lui caressait le bout du… Oh ! Le soleil ! Il est levé ! Papa avait dit qu'ils repartiraient dès le lever du soleil ! Vite, vite ! Il fallait retourner au lac !

Mais en arrivant, Petite Berthe dû se rendre à l'évidence. Personne ne glissait plus sur l'onde. Personne ne mangeait plus dans un petit coin ensoleillé. Elle appela. Elle cria encore et encore, mais personne ne lui répondit. Il fallait bien se rendre à l'évidence : ils étaient partis. Sans elle. Ils n'étaient plus là et elle était seule.

Alors, faisant appel à tout son courage, à toute son audace, toute son impétuosité, à tout ce qui avait tant agacé Maman, Petite Berthe s'élança pour tenter de les rattraper.

Toute la journée elle vola, tira sur ses ailes, en direction du soleil. Elle cria, appela, encore, encore, jusqu'à ce que sa voix ne ressemble plus qu'au coassement d'un immonde crapaud. Elle se désespéra aussi. Elle se sentait bien frêle, bien petite pour affronter ce long voyage seule. Seule… Elle était seule ! Mais où étaient-ils donc ? Elle avait beau scruter les cieux, elle ne les voyait pas. Partis, seule, partis, seule.

Tout à coup, une ombre sortit d'un nuage qu'elle venait de traverser et fondit sur elle. Mais comme Petite Berthe regardait en tous sens pour chercher les siens, elle réussit à le voir juste avant que les redoutables serres ne s'enfoncent dans son dos et d'un coup d'aile, vira de bord. Elle plongea, poursuivie par le grand corbeau noir puis tout à coup, à la faveur d'un courant ascendant, remonta en chandelle avant de se retourner et par la grâce d'une acrobatie toute personnelle, se retrouver derrière le corvidé, qui, surpris par tant de dextérité, abandonna sa poursuite sans un regret.

Affolée, Petite Berthe sentait son cœur battre à toute allure. Elle voulait plus que jamais retrouver Maman, Papa et même ses 2 frères qui l'embêtaient si souvent. Elle battait encore plus vite des ailes. Plus fort. Mais elle se fatiguait. Elle se laissait planer parfois, mais la journée s'était écoulée, et les courants d'air avaient changés. Ils ne la portaient plus comme le matin même.

Petite Berthe sentait ses forces l'abandonner peu à peu. Déjà, elle regardait à terre, scrutant pour repérer une étendue d'eau, un lac, une mare, une flaque, n'importe quoi pour se poser. Mais la peur l'étreignait alors, la peur de se retrouver seule et elle redonnait un coup d'aile en appelant encore et encore.

Et puis soudain… Maman fut là.

Elle avait remarqué bien vite que Petite Berthe n'était pas avec eux. Mais elle avait continué, persuadée qu'elle les avait vu partir et les rattraperai facilement. Quelques temps plus tard, ils avaient ralentis la cadence, ils l'avaient appelée aussi. Mais rien n'y avait fait. Petite Berthe n'était pas là. Ils avaient beau observer avec attention autour d'eux, ils ne la voyaient pas.
Alors, en désespoir de cause, Maman avait rebroussé chemin. Mais comment retrouver une Petite Berthe, dans cette immensité ?
Et pourtant…

Enfin, Petite Berthe retrouvait les siens. Elle pourrait continuer le grand voyage qui la conduirait au pays du soleil, au pays de l'été.

Ce jour-là, Petite Berthe, la petite oie cendrée jura qu'on ne l'y reprendrait plus.
Ce jour-là, Petite Berthe décida qu'écouter les conseils avisés de ses parents ne nuirait pas tant que ça à son envie de découverte.
Ce jour-là, Petite Berthe devint, juste un peu, plus raisonnable.

Et c'est ainsi que Petite Berthe devint grande.

Bleuazur :

Petite Berthe aurait pu tout avoir pour être heureuse, mais quelque chose empoisonnait sa vie. Elle avait de très grands pieds. C'est d'ailleurs de là que vient l'expression "Berthe-aux-grands-pieds", c'est vous dire.

Petite Berthe avait de si grands pieds qu'avec sa petite taille et ses petits jambes, il lui arrivait de tomber, se prenant les pieds dans ses propres pieds, le comble.
Les parents de petites Berthe ne lui achetaient des chaussures que par correspondance, lui épargnant ainsi des heures de souffrance dans les magasins.

Dans la famille, après avoir vu moult médecins qui ne savaient que dire, sauf que la vie de l'enfant n'était pas en danger, on évitait le sujet. Même sa soeur et son frère, si  taquins pour d'autres choses, n'évoquaient jamais ses pieds. Petite Berthe en était soulagée, mais ce silance avait également pour effet de lui démontrer à quel point le problème était évident.

Pauvre Petite Berthe. L'école n'était plus pour elle, trop de moqueries, de quolibets. Sa maman lui faisait l'école, mais Petite Berthe n'avait plus de camarades.

Elle savait que plus tard, tout allait s'arranger, que les dames faisant du 40 n'étaient pas si fréquentes, mais qu'avec un bon talon, les pieds paraissaient plus petits. Petite Berthe n'en pouvait plus de son enfance.

Et puis une années, son papi vint à  la maison. Il habitait très loin, et ce n'était que la deuxième fois que Petite Berthe le rencontrait. Mami était venue aussi, et c'était bon de les voir tous les deux.
Ils ne firent pas du tout comme si le problème n'existait pas, ils lui posaient des questions "alors comment tu le vis ?" et "as-tu rencontré un garçon qui aime les grands pieds ?"

Petite Berthe était toute étonnée, mais elle se surprenait à répondre, et quelquefois  à  rire, tant les questions de ses grands-parents étaient drôles. Elle n'essayait plus de cacher ses grands pieds en mettant des robes très longues ou en les dissimulant sous ses fesses quand elle était assise. La joie de vivre revenait en elle, et ça se voyait sur son visage, rose et joyeux.

A la rentrée d'après, Petite Berthe voulut retourner à l'école.
Le premier jour, elle demanda à la Maîtresse si elle pouvait monter sur l'estrade pour dire un mot. Ainsi fut fait.
Petite Berthe leva un pied et dit : "Vous voyez mes pieds ? Ils sont grands, ils sont immenses, ils sont énormes !" En disant cela, elle roulait de grands yeux, et toute la classe se mit à rire, non de moqueries, mais d'un bon grand rire.

C'est ainsi que Petite Berthe passa l'année avec ses camarades, qui ne faisaient presque jamais allusion à ses pieds. Lorsque cela arrivait tout de même, Petite Berthe riait, et sortait une plaisanterie si drôle sur le sujet, que cela s'arrêtait là.

Au fond d'elle, Petite Berthe souffrait quand même, mais ce n'était plus comme avant, elle pouvait aussi rire, chanter, vivre comme tous les gens qui l'entouraient.
Elle savait qu'elle grandissait, que bientôt ses pieds serait proportionnels à son corps, car les médecins lui avaient dit qu'elle serait plutôt grande et que la croissance de ses pieds en était terminé.

Petite Berthe, partagé entre la vie et son reste de chagrin secret, savait une chose, et cela intuitivement : elle savait que c'était ça la vie, et que tout être porte en lui une blessure, un secret. Que certains arrivent à le dépasser, et d'autres moins. En regardant les adultes autour d'elle, Petite Berthe décelait très vite la faille chez la plupat d'entre eux. Certains semblaient ne pas en avoir et comme ils était durs ! Comme ils étaient critiques, et peu enclins à la sympathie pour le reste de l'humanité, hormis eux-mêmes, et encore.

Petite Berthe se promit de ne jamais devenir comme ça, et qu'elle ne le pourrait de toutes façons jamais. Ces jours là, le regard de Petite Berthe semblait perdu au loin, et en même temps elle souriait.

C'est ainsi que Petite Berthe devint grande.


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N'ayez pas peur des lunettes de Vanille, elle voulait avoir l'air sérieuse tongue et bravo à Havane rouge .

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Oh oui félicitations Havane ! Ton image est vraiment superbe. Je suis tellement impressionné par l'incrustation de tes renders. Bravo !

Bon, pour Petite Berthe... j'aime bien l'idée de fin imposée. Pas facile, facile, mais très sympa. Ensuite, c'est toujours la même chose... le temps !

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J'avais raté les résultats finaux... Bravo Havane, félicitations.
J'espère que ce défi aura des participations. Bon courage à ceux qui se lancent !

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On attend vos participations !

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Je suis géniale et Moshine est mon esclave :

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On attend toujouuurs vos participations.

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Je n'ai pas oublié ce défi, j'arriiiiive, je cherche des idées et commence mon texte. Wink

EDIT: Voilà mon texte :
Spoiler :

Berthe était toute petite, bien plus petite que toutes les autres filles et garçons de son village et elle avait des cheveux d'or. Ils brillaient tant qu'elle avait depuis l'âge de ses deux ans, une capuche, pour les cacher du monde entier. Sa mère lui avait dit de jamais, jamais ne la quitter. Cette lueur se rapprochait grandement à celle du soleil et lumineuse était Berthe. Tous les garçons de Paume en bois n'avaient d'yeux que pour elle. Mais Petite Berthe, comme on l’appelait communément n'en avait que faire des poésies amoureuses et autres bêtises qu'ils l'obligeait à écouter chaque jour, selon le vœux de ses parents. Ils voulaient à tout prix la marier vite et à quelqu'un de bien. Par exemple, sa mère, une belle et élégante femme voulait la marier avec le fils de la voisine, une très bonne amie. Mais si c'était celui de leur boulanger, elle était tout autant heureuse, comme le petit Wulfric qui courait toujours autour de la maison et qu'elle accueillait souvent à la maison pour prendre le thé.

Non, Petite Berthe n'en avait que faire de tout ces jeunes hommes qui tournaient autour d'elle à cause de ses cheveux si précieux. Son rêve à elle, était de visiter le royaume de Sègre, de rencontrer le roi, d'aller dans tous les villages et de devenir grande Berthe. Une femme respectée et puissante. Mais depuis que son père l'avait emmenée dans la ville à côté pour vendre ses fruits et légumes et qu'elle eut croiser cette fille au regard si prenant, elle n'en avait que faire de tout ses plans... Cette rencontre si importune l'avait chamboulée, comme l'amour chamboule une vie. Elle ne s'était pas étonné de tomber amoureuse d'une autre fille, puisque l'amour qu'elle pouvait donner n'avait aucune limite. Maintenant, Berthe restait la plupart du temps seule, confinée au fond de son lit, pensant ne jamais la retrouvée. Elle l'avait remarquée alors qu'elle se tenait adossée à l'une des maisons entourant la place principale. Juste à côté d'elle, de belles fleures dont Berthe ne connaissait pas le nom, mais elles étaient aussi bleu que les yeux de cette inconnue, c'est tout ce dont elle se rappelait. Quand elle croisa ces yeux aux perles bleues, elle ne put décrocher son regard de cette merveille, jusqu'à ce que son père la traîne vendre ses légumes. Elle essaya par la suite de retrouver à travers la foule les cheveux aux boucles brunâtres, mais, malheureusement, elle ne les trouva point.

C'est ainsi que quelques semaines plus tard, un jour où il neigeait, un jour où Wulfric lui avait présentée une des bagues de sa mère, lui demandant de l'épouser, un jour où elle était toujours sans vie, la couette qu'elle portait ne montrant que son visage, un jour où son père lui proposa pour une seconde fois d'aller au marché, afin de l'aider, une lueur d'espoir se lut sur son visage après des semaines d'absences. Elle accepta pleine de joie, se leva de son lit, alla chercher ses plus beaux habits, laissa quelques mèches dépasser de sa capuche et mit ses plus beaux souliers. Son père la regardait s'activer de tous les côtés ne comprenant pas sa bonne humeur, mais ainsi soit. Quand ils furent arriver à la grande place, Berthe descendit en trombe du chariot et au lieu de se rendre au marché elle s'assit sur le neige, juste à côté des jolies fleurs bleues de l'autre fois. Puis elle attendit l'arrivée de la belle inconnue avec une impatience qu'elle peinait à dissimuler.

Une heure. Deux heures. Elle attendait, le nez rouge, la neige tombant sur ses habits en laine . Puis, alors qu'elle essayait de se réchauffer les mains avec son souffle chaud, une silhouette se dressa devant elle. Une élégante jeune femme, charismatique et aux courbes avantageuses la regardait comme si elle était une espèce venue d'un être monde. Elle lui souriait et ses yeux bleues ne trompait pas Petite Berthe. C'était bien elle. Après s'être redressée et avoir échangé un regard très brièvement, l'inconnue lui montra du doigt une ruelle juste derrière l'église et commença à courir dans cette direction. Avec ses petites jambes, la fille aux cheveux d'or avait du mal à suivre le rythme, mais une fois arrivée à destination, sa belle ralentit le pas et marcha calmement. Une fois arriver à sa hauteur, elle lui parla :

« Je m'appelle Martha. lui dit-elle d'un ton las.
-Et moi c'est Ber...
-Je sais qui tu es. Tu es la fille aux cheveux d'ors. Tout le monde te connais. Je voulais te rencontrer depuis si longtemps. finit-elle rapidement.»

Elle se tourna vers Berthe, l'observa avec attention puis hocha la tête. Alors qu'elles s'engageaient dans un petit bois, Martha mit une de ses mains sur le ventre de petite Berthe et la colla alors contre un arbre. Son souffle était si proche du sien. La fille connue de tous n'avait qu'une seule envie : franchir les quelques derniers centimètres qui la séparait de la bouche de son interlocutrice et pouvoir enfin ressentir la plus belle chose sur terre. L'amour. Mais la scène ne se déroula point de cette manière, loin de là. Martha devint plus brusque et lui empoigna la gorge, en la regardant, ses yeux pétillants de cruauté.

« Tu es l'être le plus répugnants que je n'ai jamais connue Petite Berthe. Tu es une honte pour ton village, pour le royaume. Tu n'es personne et tu ne mérites donc pas la vie. Quelqu'un comme toi devrait seulement se retrouver brûler. Depuis qu'il ta vue, il n'a fait que te regarder et parler de ta beauté. Tu me la volé ! »

Berthe ne comprenait rien et perdait peu à peu son souffle. Elle sentait la mort arriver à grand pas et se préparait déjà à regarder ses parents du haut du ciel, quand, un étrange phénomène se passa. Sa capuche, jusqu'alors tout à faire ordinaire, se décrocha du manteau gris et tomba sur la neige, tandis qu'au même instant, les cheveux de Berthe se déchaînaient et se dressa par dessus sa tête. Martha lâcha le cou de sa cible, terrifiée, mais elle n'eut pas le temps de partir. Des mèches s'enroulaient autour de son bras et fut prisonnier, puis elle cria de douleur. Quand Berthe repris ses esprits et remit sa capuche sur ses cheveux, les emprisonnant ainsi, elle remarqua une marque rouge sur le bras de Martha : sa peau était totalement brûlée, à cause des cheveux de feu. Elle regardait Berthe, terrifiée avant de crier le plus fort qu'elle pouvait tout en courant de tous les côtés. Mais la fille aux cheveux d'or ne bougeait pas. Elle souriait.

Grâce à cette petite histoire qui venait d'arriver, elle avait découvert qu'elle avait un pouvoir très puissant, qui lui permettait de la protéger en toute circonstance. Sa mère le savait. Quand elle lui fit cette petite capuche, elle le savait, évidemment. Elle savait que sa fille n'était pas ordinaire et qu'elle détenait en elle cette force cachée. Maintenant qu'elle savait cela, Berthe pouvait devenir influente et surtout, elle ne courrait aucun danger. Elle pouvait partir de son petit village avec ses parents et visiter le royaume entier, demandant des écus d'or pour survivre aux villageois, qui seront bien entendus admiratif devant tant de beauté et de pouvoir. Beaucoup de choses l'attendait, c'était certain. Et c'est ainsi que Petite Berthe devint grande.


Dernière édition par Marky le Sam 24 Jan - 13:32, édité 1 fois

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« Life is not about searching yourself but creating yourself. »
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Merci marky de ta participation Smile. Les autres vous avez encore 5 jours Wink.

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Ok le texte de Marky, il brille de mille feux et du coup vous faites pipi dans votre culotte...
Mais que Diable ! Ce n'est pas une raison pour ne pas vous mesurer à lui !
Allez vous avez jusqu'à dimanche pour relever le défi !

PS Markytounet: "Ils ovulaient à tout prix la marier"
Le lapsus est divin, mais je ne pense pas que c'est ce que tu voulais écrire. Wink

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Je suis géniale et Moshine est mon esclave :

[Clos] Le défi de Vanille - Page 15 704960leharema [Clos] Le défi de Vanille - Page 15 334523autographe[Clos] Le défi de Vanille - Page 15 642025lesawrads

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Attention ! Pavé !

Comment Petite Berthe devint grande :

Petite Berthe était née au début du mois de mai quelques minutes après ses 2 frères.
Maman les avait toujours couvés tous les trois de tout son amour, les soignant, les nourrissant avec patience et délicatesse pendant que papa, grâce à un dur labeur, ramenait de quoi nourrir ses petits oisillons.

Pour Petite Berthe, les journées étaient douces en ce printemps. Dès les premiers rayons, le soleil la réchauffait et l'obligeait à ouvrir les yeux.
Alors, commençait une journée, qui ressemblait à toutes les autres : repas, toilette, apprentissage de la vie, puis jeux divers, éclaboussures, sauts dans les flaques et acrobaties aériennes, promenades, bien en file entre maman et papa.
 Quand la nuit tombait, Petite Berthe et ses frères regagnaient le nid d'amour de leurs parents et bien calfeutrés, sous un chaud duvet, ils s'endormaient sous le regard attentif des deux adultes qui veillaient au grain.

Mais Petite Berthe avait envie d'autre chose. Souvent, elle faussait compagnie à sa famille pour partir en exploration autour de leur territoire. Mais qu'y avait-il donc derrière ces grands sapins ? Tiens, quel animal pousse ce cri étrange que j'entends ? Oh, le bel oiseau ! Quelles grandes ailes il a, quel grand bec ! Rho, un petit ver de terre qui gigote… Hmmm, une pelouse bien verte et parfumée…
Il y avait tant de choses à voir, tant de choses à découvrir ! Maman et papa s'en faisaient trop. Jamais ils ne voulaient la laisser seule. Il fallait toujours rester groupé, toujours. Papa disait que le monde est cruel, maman parlait de sécurité…

Mais l'herbe est toujours plus verte ailleurs et Petite Berthe voulait le découvrir par elle-même. Alors, elle se faufilait parmi les hautes herbes et les roseaux et pendant quelques précieuses minutes, juste avant que Maman ne remarque son absence, elle jouissait d'une précieuse indépendance.

La vie se déroulait, nonchalamment, sous le chaud soleil d'été. Tout était joie et confort pour Petite Berthe.

Mais un jour, Papa décida que demain, il faudrait partir.

Les frères de Petite Berthe en furent tout affolés. Ils aimaient tellement leur petit coin de pays. Ils y avaient leurs petites habitudes, leurs petits rituels de vie. Ils n'avaient pas envie d'en savoir plus, d'en connaitre plus.

Au contraire, Petite Berthe fut enchantée. Elle qui rêvait de connaitre ce qu'il y avait derrière la ligne d'horizon…
C'est ainsi que le lendemain dès l'aube, la petite famille se réveilla et entama le grand voyage.

Papa, le plus fort, était devant. Puis venaient les frères de Petite Berthe et enfin, Maman accompagnée de Petite Berthe. Tout le monde était bien en formation, sans rien qui dépasse.

Le voyage commençait bien. Le soleil était toujours présent, bien qu'un peu moins chaud que d'habitude. Les arbres avaient pris des couleurs de feu et les paysages étaient grandioses.

Mais très vite Petite Berthe commença à s'ennuyer. Alors, elle dériva, sortit du rang, se laissa porter par les courants, fit quelques acrobaties… Mais Maman la ramena dans le droit chemin, la rabrouant un peu, la forçant à réintégrer le rang. Petite Berthe s'en accommoda un moment, mais bien vite, l'ennui et l'envie la faisaient replonger entre les nuages. Alors, Maman, toujours patiente, toujours tellement maternelle, repartait chercher Petite Berthe et une fois encore, sans relâche, la ramenait à la suite de Papa.

Après bien des heures de voyage, Papa décida qu'ils feraient escale sur le bord de ce grand lac qu'ils apercevaient déjà au loin. Le soleil se couchait, la brume et le froid de la nuit commençaient à monter. Tous étaient fatigués. Il était bien temps de s'arrêter…

Alors, la petite famille accosta sur le bord du lac, dans un petit endroit discret, pour se mettre à l'abri de tous les dangers. Et après un repas somme toute assez frugal, se prépara pour la nuit et s'endormit comme un seul homme.

Le lendemain matin, alors que l'aube commençait à blanchir la région et que le silence de la nuit s'éteignait doucement, Petite Berthe se réveilla. En jetant un regard autour d'elle, elle admira ce magnifique et immense lac, bordé de grandes futaies. Et plus près d'elle… ses parents et ses frères qui dormaient encore.

Curieuse comme toujours, elle décida alors de partir seule en direction des arbres, dans l'espoir d'explorer plus avant cette région inconnue.

En arrivant sur la berge, elle fut bien étonnée en se retrouvant au pied des grands arbres ! Qu'ils étaient hauts ! Et puis, derrière eux, une petite clairière avec une herbe bien verte et toute douce. Des murmures, des craquements, mille et uns bruits de la nature alentour. Petite Berthe avançait en s'émerveillant à chaque pas.
Elle s'approchait des plus petits insectes, envisageait le champignon qui pousse sur le tronc, fouillait sous la mousse, plissait les yeux lorsqu'un rayon de soleil lui caressait le bout du… Oh ! Le soleil ! Il est levé ! Papa avait dit qu'ils repartiraient dès le lever du soleil ! Vite, vite ! Il fallait retourner au lac !

Mais en arrivant, Petite Berthe dû se rendre à l'évidence. Personne ne glissait plus sur l'onde. Personne ne mangeait plus dans un petit coin ensoleillé. Elle appela. Elle cria encore et encore, mais personne ne lui répondit. Il fallait bien se rendre à l'évidence : ils étaient partis. Sans elle. Ils n'étaient plus là et elle était seule.

Alors, faisant appel à tout son courage, à toute son audace, toute son impétuosité, à tout ce qui avait tant agacé Maman, Petite Berthe s'élança pour tenter de les rattraper.

Toute la journée elle vola, tira sur ses ailes, en direction du soleil. Elle cria, appela, encore, encore, jusqu'à ce que sa voix ne ressemble plus qu'au coassement d'un immonde crapaud. Elle se désespéra aussi. Elle se sentait bien frêle, bien petite pour affronter ce long voyage seule. Seule… Elle était seule ! Mais où étaient-ils donc ? Elle avait beau scruter les cieux, elle ne les voyait pas. Partis, seule, partis, seule.

Tout à coup, une ombre sortit d'un nuage qu'elle venait de traverser et fondit sur elle. Mais comme Petite Berthe regardait en tous sens pour chercher les siens, elle réussit à le voir juste avant que les redoutables serres ne s'enfoncent dans son dos et d'un coup d'aile, vira de bord. Elle plongea, poursuivie par le grand corbeau noir puis tout à coup, à la faveur d'un courant ascendant, remonta en chandelle avant de se retourner et par la grâce d'une acrobatie toute personnelle, se retrouver derrière le corvidé, qui, surpris par tant de dextérité, abandonna sa poursuite sans un regret.

Affolée, Petite Berthe sentait son cœur battre à toute allure. Elle voulait plus que jamais retrouver Maman, Papa et même ses 2 frères qui l'embêtaient si souvent. Elle battait encore plus vite des ailes. Plus fort. Mais elle se fatiguait. Elle se laissait planer parfois, mais la journée s'était écoulée, et les courants d'air avaient changés. Ils ne la portaient plus comme le matin même.

Petite Berthe sentait ses forces l'abandonner peu à peu. Déjà, elle regardait à terre, scrutant pour repérer une étendue d'eau, un lac, une mare, une flaque, n'importe quoi pour se poser. Mais la peur l'étreignait alors, la peur de se retrouver seule et elle redonnait un coup d'aile en appelant encore et encore.

Et puis soudain… Maman fut là.

Elle avait remarqué bien vite que Petite Berthe n'était pas avec eux. Mais elle avait continué, persuadée qu'elle les avait vu partir et les rattraperai facilement. Quelques temps plus tard, ils avaient ralentis la cadence, ils l'avaient appelée aussi. Mais rien n'y avait fait. Petite Berthe n'était pas là. Ils avaient beau observer avec attention autour d'eux, ils ne la voyaient pas.
Alors, en désespoir de cause, Maman avait rebroussé chemin. Mais comment retrouver une Petite Berthe, dans cette immensité ?
Et pourtant…

Enfin, Petite Berthe retrouvait les siens. Elle pourrait continuer le grand voyage qui la conduirait au pays du soleil, au pays de l'été.

Ce jour-là, Petite Berthe, la petite oie cendrée jura qu'on ne l'y reprendrait plus.
Ce jour-là, Petite Berthe décida qu'écouter les conseils avisés de ses parents ne nuirait pas tant que ça à son envie de découverte.
Ce jour-là, Petite Berthe devint, juste un peu, plus raisonnable.

Et c'est ainsi que Petite Berthe devint grande.

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@LadySquirrel a écrit:
PS Markytounet: "Ils ovulaient à tout prix la marier"
Le lapsus est divin, mais je ne pense pas que c'est ce que tu voulais écrire. Wink


Oh non. mrgreen

J'ai édité du coup, merci !

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« Life is not about searching yourself but creating yourself. »
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Voilou, c'est venu d'un coup :

Spoiler :
Petite Berthe aurait pu tout avoir pour être heureuse, mais quelque chose empoisonnait sa vie. Elle avait de très grands pieds. C'est d'ailleurs de là que vient l'expression "Berthe-aux-grands-pieds", c'est vous dire.

Petite Berthe avait de si grands pieds qu'avec sa petite taille et ses petits jambes, il lui arrivait de tomber, se prenant les pieds dans ses propres pieds, le comble.
Les parents de petites Berthe ne lui achetaient des chaussures que par correspondance, lui épargnant ainsi des heures de souffrance dans les magasins.

Dans la famille, après avoir vu moult médecins qui ne savaient que dire, sauf que la vie de l'enfant n'était pas en danger, on évitait le sujet. Même sa soeur et son frère, si  taquins pour d'autres choses, n'évoquaient jamais ses pieds. Petite Berthe en était soulagée, mais ce silance avait également pour effet de lui démontrer à quel point le problème était évident.

Pauvre Petite Berthe. L'école n'était plus pour elle, trop de moqueries, de quolibets. Sa maman lui faisait l'école, mais Petite Berthe n'avait plus de camarades.

Elle savait que plus tard, tout allait s'arranger, que les dames faisant du 40 n'étaient pas si fréquentes, mais qu'avec un bon talon, les pieds paraissaient plus petits. Petite Berthe n'en pouvait plus de son enfance.

Et puis une années, son papi vint à  la maison. Il habitait très loin, et ce n'était que la deuxième fois que Petite Berthe le rencontrait. Mami était venue aussi, et c'était bon de les voir tous les deux.
Ils ne firent pas du tout comme si le problème n'existait pas, ils lui posaient des questions "alors comment tu le vis ?" et "as-tu rencontré un garçon qui aime les grands pieds ?"

Petite Berthe était toute étonnée, mais elle se surprenait à répondre, et quelquefois  à  rire, tant les questions de ses grands-parents étaient drôles. Elle n'essayait plus de cacher ses grands pieds en mettant des robes très longues ou en les dissimulant sous ses fesses quand elle était assise. La joie de vivre revenait en elle, et ça se voyait sur son visage, rose et joyeux.

A la rentrée d'après, Petite Berthe voulut retourner à l'école.
Le premier jour, elle demanda à la Maîtresse si elle pouvait monter sur l'estrade pour dire un mot. Ainsi fut fait.
Petite Berthe leva un pied et dit : "Vous voyez mes pieds ? Ils sont grands, ils sont immenses, ils sont énormes !" En disant cela, elle roulait de grands yeux, et toute la classe se mit à rire, non de moqueries, mais d'un bon grand rire.

C'est ainsi que Petite Berthe passa l'année avec ses camarades, qui ne faisaient presque jamais allusion à ses pieds. Lorsque cela arrivait tout de même, Petite Berthe riait, et sortait une plaisanterie si drôle sur le sujet, que cela s'arrêtait là.

Au fond d'elle, Petite Berthe souffrait quand même, mais ce n'était plus comme avant, elle pouvait aussi rire, chanter, vivre comme tous les gens qui l'entouraient.
Elle savait qu'elle grandissait, que bientôt ses pieds serait proportionnels à son corps, car les médecins lui avaient dit qu'elle serait plutôt grande et que la croissance de ses pieds en était terminé.

Petite Berthe, partagée entre la vie et son reste de chagrin secret, savait une chose, et cela intuitivement : elle savait que c'était ça la vie, et que tout être porte en lui une blessure, un secret. Que certains arrivent à le dépasser, et d'autres moins. En regardant les adultes autour d'elle, Petite Berthe décelait très vite la faille chez la plupat d'entre eux. Certains semblaient ne pas en avoir et comme ils était durs ! Comme ils étaient critiques, et peu enclins à la sympathie pour le reste de l'humanité, hormis eux-mêmes, et encore.

Petite Berthe se promit de ne jamais devenir comme ça, et qu'elle ne le pourrait de toutes façons jamais. Ces jours là, le regard de Petite Berthe semblait perdu au loin, et en même temps elle souriait.

C'est ainsi que Petite Berthe devint grande.


Dernière édition par Bleuazur le Sam 24 Jan - 17:48, édité 1 fois

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Aaaah mais c'est qu'elles ont été productives ces dames ! Merci à vous ! [Clos] Le défi de Vanille - Page 15 969370813

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C'est parti pour les votes!
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Alors en toute sincérité, j'ai aimé les 3 textes... Quelle imagination ! Vous avez abordé des thèmes variés.
Mais j'ai votéééé... pour Minette. Alors pourquoi ?... Et ben... Non avant j'ai une question: Linette pour ton texte tu t'es pas inspiré d'un doc animalier ? Il me fait bougrement penser à un que j'ai vu il y a un moment déjà, où une petite oie qui se croyait plus maligne que les autres s'est retrouvé séparé de sa famille avant de leur courir après en paniquant et que finalement sa maman vienne la chercher. [Clos] Le défi de Vanille - Page 15 2620358557
Ton texte m'a rappelé ça, j'ai trouvé ça mignon et bien raconté, c'est pour ça que mon vote te revient

Bien que j'ai aussi aimé le message très positif du texte de Bleu et la côté fantastique de celui de Marky.

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[Clos] Le défi de Vanille - Page 15 2620358557 Minette ! ? Miaouuuuu !
Merci Lady, mais je ne peux rien te dire voyons, un écrivain ne révèle pas d'où il tient son inspiration ! [Clos] Le défi de Vanille - Page 15 2620358557

Mais comme je ne suis pas écrivain... :
Je dirais que le documentaire animalier que tu as vu y'a quelque temps... est repassé la semaine dernière ou celle d'avant... [Clos] Le défi de Vanille - Page 15 4008145704 Bien vu !

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Miaouuu je suis médium. émue

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Dites les filles, on peut voter jusqu'à quand ? Merci.